Lettre du Docteur Taupin au Père Noël

Père-Noël

Petit Papa Noël

Monsieur Noël,

Tout d’abord, je tiens à vous témoigner mon admiration pour la logistique que vous mettez en place chaque année. Chapeau. Ou plutôt bonnet. Cependant, ce n’est pas l’amour qui anime mon cœur et agite mes doigts sur ce clavier usé. Ni la haine d’ailleurs. Disons plutôt un souvenir un peu aigre et trop longtemps refoulé.

11 août 1978, j’ai 12 ans et demi. Mon esprit est alors tout entier occupé par une personne, un visage, un prénom : Anne-Sophie (Pour préserver son anonymat, nous l’appellerons Caroline). Elle est brune, l’air faussement sévère et son appareil dentaire l’empêche de jouer de l’harmonica (pour la petite histoire, elle se mettra au violoncelle trois ans plus tard, ce qui lui permettra de devenir apicultrice). Je suis comme on dit : « amoureux ». Sauf que Caro’ foule du pied mes sentiments et feint de ne pas voir les nombreux tags pourtant explicites que j’avais inscrits sur son cassier. Si je devais faire une métaphore à base de culture populaire, elle était Kate Winslet et moi l’iceberg.
Ivre de désespoir (et aussi un peu de cet alcool de chou-fleur concocté par l’oncle de Bernie, le petit gros de la 6ème B), j’entreprends de rédiger la fameuse lettre au Père Noël. Sous mon stylo quatre-couleurs n’apparaissent point les mots « Power Rangers » ou « voiture téléguidée qui roule sur les murs et tire des roquettes ». Non. Ce que je vous demandais fébrilement avait infiniment plus de valeur : juste un peu d’attention, des sourires malicieux, des regards complices, de la tendresse, de la réciprocité… Mais malgré cela, je n’ai trouvé au pied du sapin que cette marmotte électronique qui sait dire « bonjour » en rotant. J’ai souffert jusqu’au brevet. Que j’ai eu les doigts dans le nez. Littéralement. Ce qui ne m’a pas aidé pour écrire.

Il y a sûrement une morale à tirer de cette histoire. Je vous laisse à vos conclusions.

…Ah, et si vous pouviez faire en sorte que les gens arrêtent de dire « au jour d’aujourd’hui » pour se donner l’air intelligent, ce serait super.

Bien affectueusement,

Marc-Hervé Taupin

PS : Vous ferez attention, mon cadet a installé un piège à loup près de la cheminée. Il dit qu’il est « dans le camp de la Petite Souris ». Désolé. Joyeux Vous-Même.

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