Michel Bellin, un auteur atypique sur YouScribe

Déjà auteur de nombreux romans, nouvelles érotiques, pièces de théâtre, chroniques, etc., Michel Bellin a depuis peu délaissé l’édition traditionnelle au profit du numérique et a choisi YouScribe pour diffuser ses manuscrits (10 titres au printemps 2012). Pour en savoir un peu plus sur ses motivations nous lui avons posé quelques questions.

YS : Comment avez-vous connu YouScribe ?

M.B : C’est un ami qui m’a envoyé un courriel. Il savait que j’étais découragé après l’auto-édition de mon dernier livre « A belles dents » : plus envie d’écrire ! Car ce recueil de nouvelles (parues dans Le Monde) n’atteignait pas ses lecteurs. A quoi bon laisser des bouquins s’entasser et s’empoussiérer sur des étagères ou au fond des librairies – qui ne jouent pas toujours le jeu du dépôt-vente…

YS : Vous êtes publié chez l’Harmattan, pourquoi avoir choisi l’auto-édition en plus du circuit traditionnel de l’édition ? Et pourquoi YouScribe en particulier ?

M.B : Les conditions de L’Harmattan sont draconiennes : achat d’une cinquantaine d’exemplaires et aucun droit d’auteur avant le 500ème opus écoulé. Or, ma diffusion est restreinte, sans doute à cause de mon inspiration singulière ou… dérangeante ! Donc, je sais gré à cette grande maison d’édition de m’avoir donné plusieurs fois mes chances, mais j’ai eu envie à l’automne 2011 de devenir mon propre promoteur, si possible en numérique : c’est pratique et écologique, même si c’est parfois décevant (pourquoi tant d’internautes butinent, sans télécharger malgré le prix modique ?). C’est le risque des (jeunes) cervelets d’aujourd’hui, formatés – semble-t-il, pour zapper et transformer la Littérature (donc la peine et l’endurance des auteurs) en produit Kleenex. Mais, comme je l’ai rappelé dans mon document en ligne (« Bye bye à mes éditeurs »), la littérature n’implique pas en soi de nourrir les auteurs ni d’engraisser leurs éditeurs. Il me plaît que les écrits circulent en « mondiovision » et quasiment gratuitement car l’Esprit souffle où Il veut et ne peut être domestiqué ni enrégimenté. Encore moins devenir une rente et n° 1 sur la liste (trafiquée) des « meilleures ventes » !!!

YS : Chaque mardi vous publier un roman feuilleton, est-ce la première fois que vous écrivez un roman feuilleton ? Pourquoi avoir choisi ce style ?

M.B : Oui, chaque mardi, YouScribe met en ligne le nouveau chapitre que j’ai écrit dans les heures précédentes. C’est bien, ça me force à écrire… et à jouer avec le feu, sans trop me brûler le clavier, j’espère, car le sujet est, disons, incandescent. D’autre part, il me plaît d’imaginer un AUTRE genre littéraire car mon défi, jusqu’à ce jour, c’est d’avoir depuis 1996 à peu près tout essayé : romans, récits (évangéliques), aphorismes, théâtre, nouvelles (homo)érotiques, chroniques…

YS : De quelle manière faite vous votre auto-promotion ? Avez-vous des conseils à donner à nos lecteurs ?

M.B : Pour l’auto-promotion, j’utilise (modérément !) le blog de mon site littéraire. Ces jours, j’expérimente Google+, je ne sais ce que ça va donner. Et aussi, j’ai envoyé une invitation papier de mon catalogue 2012 (une ruine, surtout à cause des frais postaux !). Je pense que beaucoup de mes correspondants-lecteurs, vieillissants et routiniers, ne connaissent pas les avantages d’un site comme YouScribe – entre autres la lecture par reader personnalisé (mode d’affichage, zoom, plein écran…). C’est formidable ! (malgré parfois quelques ratés, mais le site est encore jeune). Et puis, un catalogue papier, ça reste ; on le reprend, on le consulte… Ceci dit, un beau livre papier, c’est irremplaçable ! Personnellement, j’ai réalisé un SEUL exemplaire d’un de mes textes (‘Isâ le Magnanime) dont héritera un jeune auteur qui a de la peine à percer. Les lettrines sur mesure, la tranche dorée à l’or fin, le cuir rutilant… une splendeur, un enchantement oculaire et tactile et pour boucler le paradoxe : ce manuscrit – l’œuvre de ma vie – refusé par tant d’éditeurs, je l’offre sur YouScribe en lecture et en téléchargement gratuits. J’y tiens ! On ne s’enrichit qu’en donnant. C’est à la fois une revanche et la plus belle preuve d’anti-édition, plus que d’autoédition ! Encore un conseil : j’ai lu sur notre site qu’une écrivaine en herbe, dans sa notice de présentation, faisait au moins une faute d’orthographe par ligne ! Ça, c’est rédhibitoire. Ne jamais oublier, Littérature, c’est « lis tes ratures » : pour 1% d’inspiration, 99% de transpiration. Et à la clé, l’humilité, parfois sous le seuil de pauvreté même si l’écrivain est un va-nu-pieds qui se prend toujours pour Ombilic 1er !

Bellinus

Pour en savoir plus sur ses publications, n’hésitez pas à consulter son catalogue 2012 ci-dessous !

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