Nora1 part à la découverte des auto-édités

Passionnée de littérature dans le monde numérique, d’Histoire ancienne et de théâtre, Nora1 intervient aujourd’hui sur notre blog pour nous parler de l’auto-édition.

Il était une époque où les poèmes d’un auteur, désormais connu sous le nom d’Homère étaient publiés par voie orale. Aucun livre ne se portait encore comme garant du texte. Chacun pouvait plus ou moins y contribuer, en ajoutant ou en enlevant un vers, en changeant un mot ou une note aux textes chantés. Autour d’un thème, ou d’un mythe bien connu, la voix d’un aède ou d’un rapsode pouvait ainsi répandre l’œuvre d’un auteur qui, quant à lui, pouvait même n’avoir jamais existé. Les histoires étaient cousues ensembles par un art collaboratif et choral, grâce auquel à chaque représentation, elles pouvaient s’enrichir et se diffuser encore, sans pour autant être attachées à un support matériel. Ce fût ainsi pendant longtemps, jusqu’à ce qu’une nécessité de stabilité ne fit en sorte que chaque mot fût écrit et fixé dans le temps, pour n’en perdre aucun et pour ne pas en dénaturer le sens. C’est alors que commença une histoire qui liait de façon indissoluble ces textes à leur page, changeant radicalement la notion de leur publication. Désormais, l’écrit n’est plus lié à l’oralité de sa performance.

Près de deux milles ans plus tard, lorsque le livre cesse à nouveau d’être la forme unique de la transmission des idées et des connaissances, les hommes s’adaptent aux temps et aux transformations incessantes des moyens de communication. E-books, e-textes, images et représentations visuelles démontrent clairement que les histoires ne se racontent plus nécessairement à travers le support imprimé. En vertu du même phénomène, nous assistons à la naissance de centaine d’e-éditeurs, d’e-librairies, d’e-écrivains mais aussi d’auto-édités.

Qui sont-ils ? Que cherchent-ils ?

Il s’agit d’une classe versatile et flottante entre le papier et l’ordinateur, qui choisit de laisser son travail directement au lecteur, sans passer par un éditeur. Démarches trop longues, refus ou manuscrits renvoyés, mais aussi un vif désir de partage, peuvent encourager l’auto-édité à se publier de manière autonome. Il sélectionne son matériel, la taille de son extrait, sa fréquence de publication, son rythme de travail, ses modalités et son engagement. A sa catégorie n’appartiennent pas seulement des écrivains en herbe, ni les poètes à leurs premiers pas. Blogueurs, écrivains déjà édités, hommes de science, chercheurs, amateurs, passionnés d’un art ou d’un idéal, les auto-édités ont des centres d’intérêt hétéroclites et variés. Ils écrivent sans arrêt. Pas nécessairement rémunérés mais parfaitement conscients du fait qu’une fois écrit un texte doit être lu, ils ouvrent les fichiers de leurs ordinateurs – modernes tiroirs où ils ne veulent pas faire moisir leur travail – et ils les laissent pour que des lecteurs puissent en profiter. Sur Internet on peut les lire, leur écrire, les encourager ou les critiquer, les aimer ou en être ennuyés. On donne une chance de vie à leurs mots. Et, en suivant leur exemple, on peut faire de même. Les auto-édités, comme des aèdes du futur, chantent pour nous, sans crainte pour un support de diffusion non conventionnel et nouveau, dont ils ont entrevu l’énorme potentiel. Alors, à chacun de dire ce qu’il a à dire.

Nora1

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Un commentaire

  1. #1 Patrick Huet a écrit le 22 janvier 2012 à 19h36 :

    Voici une vision très ample sur le monde de l’écriture ou plus précisément celui de la composition des phrases, de l’agencement des mots. Une vision très romantique qui survole la fugacité des millénaires et qui nous montre, qu’en définitive, nous retrouvons la même malléabilité qui existait du temps d’Homère.
    Un point de vue fort intéressant à découvrir.

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